21 janvier 2013.

Aéroport Madrid Barajas T1.

La veille au soir ils étaient dans un hôtel Ibis à deux pas de l’aéroport.

Note pour plus tard : Rédiger un article qui explique pourquoi un hôtel de cette chaine est moins cher en Espagne qu’en France. Bref.

Pour certains et c’est leur cas, il est rare de savoir six mois avant où l’on va se trouver.

Beaucoup parmi nous sont capables d’affirmer qu’ils ont un rendez-vous dans une semaine, un mois, deux parfois. Mais six mois !

Je parle ici d’une échéance temporelle et spatiale lointaine et précise. Un lieu, à un instant donné comme point de repère dans une vie.

Pour ceux qui parmi vous sont mariés c’est un bon parallèle (sauf pour ceux qui se sont mariés à Vegas après une nuit qu’ils aimeraient certainement oublier).

Une naissance ? Non, c’est proche mais c’est trop aléatoire.

Eux savaient depuis presque six mois qu’ils allaient se trouver le 21 janvier 2013 en Europe, en Espagne à l’aéroport international Barajas dans la proche banlieue Madrilène.

Et je ne suis pas là. Pourtant je connais l’histoire depuis le début car rien n’arrive au hasard Oscar ! « Il y a le hasard mais pas le Hasard ; Une nécessité, la Chance ».

Toujours ce fichu besoin de mettre un début à chaque chose, à chaque instant. C’était quand le début ? Il y a dix ans quand ils se sont rencontrés ? Cinq ans lors du premier voyage au Chili ? Allez on s’en fout hein. Ce qui compte c’est maintenant et maintenant c’est Madrid, le 21 janvier 2013.

Et maintenant c’est la première frayeur à l’aéroport.

Jusqu’à présent tout s’est bien déroulé. Quitter le boulot, quitter l’appartement, quitter la région PACA, quitter les amis, la famille, les êtres chers. Remplir les valises et les vider doucement avant le départ (super efficace ton bouquin frangin). Finalement, quitter pour un temps le désir d’enfant.

Tout s’est déroulé comme prévu. Quitter, faire le vide pour mieux se remplir. Facile, assez facile, pas trop difficile.

Les voici donc lestés de seulement 56 kilos de choses pour vivre toute une année. Bravo !

Les voilà donc tous les deux, sans moi, dans ce vaste aéroport, s’amusant de voir ces gens en stress avec des valises trop lourdes et obligés de faire des choix dans l’urgence alors qu’eux ont pris le temps des choix, le temps de décider pour chaque chose l’intérêt ou non de l’emporter là bas.

Et l’enregistrement ouvre. Pour une fois, ils sont quasiment les premiers, et oui, hors de question de rater l’avion, de manquer cet avion là, celui là même qu’ils ont espéré, imaginé, rêvé depuis bientôt six mois.

Et là, la dame en charge de l’enregistrement annonce qu’ils ne peuvent pas partir. « No va ser possible. »

Je vous laisse imaginer la tronche des deux zazous. Ambiance. Josélito rouge, température corporelle aux alentours des soixante deux degrés. En mode concentration maximum sur son intuition.

Morgane ? Pire que Josélito car elle sent que quelque chose ne va pas mais ne comprend pas un traitre mot de ce qui se joue.

C’est dans ce genre de situation que l’on voit si le binôme est étanche ou pas.

La dame dégaine son téléphone pour voir s’il est possible de trouver une issue à cette négation fatale.

Josélito passe en mode traduction. Ils n’ont pas de visa donc pas moyen d’obtenir un embarquement avec un billet d’avion avec un retour dans cinq mois et une autorisation d’être sur le territoir chilien pendant trois mois.

Légalement c’est impossible. IMPOSSIBLE !

Il faut soit prouver qu’ils ont loué une voiture et qu’ils vont quitter le pays avant les 90 jours, soit avoir un visa.

Imaginez les cervelles des deux zazous à cet instant.

Morgane : Heu, non, on part !

Josélito : Heu…on achète un billet d’avion qui prouve que l’on part du Chili vers l’Argentine ?

Morgane : Heu…non, attends, c’est quoi ce bordel de visa ?

Josélito : Attends, j’écoute ce que dit la dame.

Même d’ici je pouvais sentir qu’ils ne croyaient pas une seule seconde qu’ils n’allaient pas décoller. Ils aiment bien se faire peur. Donc les voilà concentrés, accrochés aux lèvres de cette dame qui échange au téléphone avec une personne qui va décider de la suite de l’aventure.

Ils auraient eu l’air un peu couillons les deux là, plantés dès le départ en Espagne !

Finalement la gentille (maintenant elle l’est) dame explique que la loi dit qu’ils n’ont pas le droit de partir mais que la jurisprudence (le bon sens connasse dixit Josélito) les y autorise car ils pourraient faire valoir qu’ils vont prendre un bus pour l’Argentine. Bon et bien voilà un bon argument pour la prochaine fois.

En attendant, Josélito est allé directement fumer sa dernière cigarette et Morgane a filé aux toilettes se refaire une beauté !

Et bien les amis, restez connectés parce que vu le démarrage de cette aventure ça promet d’être beaucoup plus drôle que prévu et de devenir une vraie aventure cette ballade !

Allez, laissons les savourer leur voyage en paix. Rendez vous bientôt pour que je vous raconte en live l’arrivée à Santiago (si l’avion, et les valises, arrivent jusque là).