Villa Prat, Tregualemu, Tirua, Mehuin, Valdivia, Piedras negras, Trehuaco, Huelmo et puis voilà qu’un beau matin à force de mettre cap au sud ils arrivent à Pargua fin de la terre ferme.

En face, dans le brouillard de cette après midi mouillée, Chiloé. 30 minutes de barge pour arriver sur les terres du père Coloane.

Une demi heure pour se retrouver sur cette île légendaire de marins et de bateaux fantôme (le Caleuche).

Après toutes ces journées à chatouiller la côte pacifique ils mettent enfin les pieds sur cette petite île de deux cent kilomètres à peine de long et cinquante de large en moyenne.

Chiloé, l’ile sauvage

Et la première impression est la bonne. Chiloé est sauvage. Faucon, dauphins (et pas orques) le long de la côte ; Ici les animaux n’ont pas peur des humains…ils vivent ensemble.

Chiloé c’est un peu l’Irlande ou la Bretagne. Il y fait beau plusieurs fois par jour comme dirait un Bihan Faou de Bretagne !

Le choix d’une voiture pour dormir plutôt qu’une tente prend, ici, tout son sens. Quand il pleut et bien il pleut, vraiment, totalement, complètement. En fait, il pleut des putains de cordes de trois mats !

Il suffit en plus de se trouver en bordure de mer pour prendre en pleine poire les embruns qu’un vent vicieux s’amuse à envoyer sur le rivage.

une rencontre inattendue au petit déjeuner lors de notre road trip en Amérique du sud au Chili sur l'ile de Chiloe

Un vrai de temps de cochon qui donne au paysage un ton dramatique qui lui va à ravir.

Josélito ne pouvait pas rêver mieux pour ce qui est de photographier des brumes subtiles entrecoupées de rayons d’un soleil venu d’ailleurs. Il faut au moins ça pour ne pas l’entendre rochonner contre cette « putain de météo de merde que si ça continue on file de suite sur le Brésil poulette parce que je vais pas me taper onze mois de vent et de pluie en plein tronche bordel. Et ça caille en plus merde ! ».

Bref, c’est son côté capitaine Haddock.

Chiloé, c’est, ne l’oublions pas une île sur la côte pacifique…ce qui veut dire que l’eau qui l’entoure monte et descend. Une évidence pour certains mais pas pour notre Parisien de Josélito qui n’a vu la Seine monter que lorsqu’il pleut.

Résultat, une belle flippette lorsqu’après avoir passé un petit cours d’eau et s’être posés en bordure de pacifique pour déjeuner ils se sont retrouvés coincés pour le restant de la journée dans un endroit paumé au bout de nul part.

Une journée avec de la pluie, pas d’accès internet à ne rien pouvoir faire d’autre que de laisser le temps filer jusqu’au lendemain.

Morgane un brin hilarde en a profité pour regarder Josélito se débattre avec sa trouille de l’eau froide et son angoisse lorsqu’il n’a pas d’issue de secours !

Chiloé donc, ses églises en bois inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO, aux couleurs pétantes, ses pluies quotidiennes, ses vaches et moutons au milieu de la route….voilà un bon entrainement pour attaquer la Patagonie.

Une église tout en bois et toles ondulées à Castro sur l'ile de Chiloe au Chili

D’ailleurs la Patagonie ils vont aller la chercher à partir de Puerto Montt. Il est possible de s’y rendre par le sud de l’île depuis Queillon. Il « suffit » de prendre un bateau et de passer cinq heures en mer la nuit pour se retrouver en pleine Patagonie au petit matin.

Il faut compter 100 000 pesos et le tour est joué. Sauf que non, ce n’est pas vraiment puriste donc ils vont remonter à Puerto Montt et attaquer la route australe depuis le début du commencement.

Le temps de refaire route vers le nord en direction de Chacao pour reprendre le bac et l’aventure va pouvoir continuer.

Chiloé sous le soleil ? Ha ben ça arrive et là c’est la Suisse ! Des vallons verts et bien rangés, des petites maisons en bois et des vaches ! La Suisse je vous dis.

Et les humains alors ? Et bien ils sont souriants, gentils et particulièrement discrets. Autant sur le continent ils tentent tous de profiter plus ou moins du tourisme estival en augmentant les tarifs et en essayant de vous vendre tout et n’importe quoi (comme un bout de terre pour 3000 pesos la demie heure, autant ici les Chilotes rendent service sans contre partie nécessaire. Ils sont bienveillants sans être hyper amphatiques. Très bien par rapport aux attentes de Morgane et Josélito.

De cette semaine sur l’île, il semblerait que Chiloé était bien au rendez vous, fidèle à elle même et à la façon dont Coloane parle d’elle. Il la connaît bien son île. Merci à lui donc.

Allez, j’espère que ça vous a donné envie de passer vos vacances ailleurs qu’en Bretagne ! Kenavo !