Il n’y a pas de hiérarchie, ni de classe sociale. Chacun y va à sa façon, chacun va la vivre comme il le souhaite.

Chacun y va avec ses contraintes personnelles.

Les patiperros, à pied, gros sac sur le dos. Ils avancent tranquillement, maison sur le dos. Ici on les appelle « patiperros »…patte de chien mais escargot leur va bien aussi.

Tributaires du bon vouloir et parfois du bon pouvoir des autres pour leur permettre de parcourir plus de kilomètres dans une journée. Plutôt jeunes, plutôt en groupe même si parfois on croise des familles, le papa, la maman et les enfants à pied.

Et puis viennent les fous de la route, les rois de la petite reine. Ils avalent kilomètres et poussières avec le sourire. Des sacoches à l’arrière et parfois à l’avant. Seul, en groupe, en famille avec la petite remorque pour les enfants.

En matière de deux roues, il y a aussi les vélos à gros moteurs. Souvent allemands, souvent BMW ils sont facilement reconnaissables à l’arrêt ; on dirait des cowboys avec leur grand pantalon et leur foulard sur la tête.

Ils chevauchent debout de temps à autre pour se détendre les gambettes et soulager l’arrière train de leur monture et le leur surement.

Plus rapides, sans contrainte de poids, plus confortables, il y a les quatres roues. On sent moins l’esprit d’équipe que dans les autres « catégories ». Certains sont calmes, d’autres à fond. Les locaux sont dingos et rapides (hé, ils bossent eux).

Chez les quatres roues il y a les maisons roulantes (las casas rodantes). Les petites comme celle des makeupontheroad, puissantes, passe partout, ultra maniables. Les plus grandes, pour les familles, avec douche, chambre à coucher, cuisine. Plus confortables mais plus fragiles.

Et enfin on trouve les seigneurs de la route. Rares. quinze tonnes, une allure qui se repère de loin ; Ils avancent doucement mais sûrement. Dedans c’est le grand luxe. Vrai lit, vraie cuisine, vrai bureau…on imagine même la piscine. Ils ne vont pas partout mais ils vont loin, longtemps et ne craignent pas le vent, la pluie et le froid.

 

Puerto Montt, Villa O’Higgins. 1240 kilomètres de ruban de terre, de cailloux, de poussière et de solitude. Un peu d’asphalte…juste ce qu’il faut pour prendre conscience qu’une route goudronnée est un luxe en soi. Imaginez un instant que vous marchez durant des kilomètres sur du gravier chaud, nu-pieds. D’un seul coup, après quelques heures de marche dans ces conditions vous foulez une pelouse bien verte, fraichement tondue et arrosée.

Chacun vie la route à sa façon mais tous pourrons dire qu’ils ont fait la carretera austral de Puerto Montt à villa O’Higgins. Fin de la panaméricaine qui prend sa source en Alaska.

 

Et cette route là est belle. The Guardian ne tarie pas d’éloges à son sujet, National Géographic parle de paysages spectaculaires. Soyons honnête, c’est assez vrai. Pour autant comme pour tout chemin il y a des moments difficiles, des endroits sans grand intérêt, des passages qui donne envie d’appuyer sur le champignon pour aller vers la suite.

carretera austral

Sur la première moitié, de Puerto Montt à Coyhaique, la traversée entre Hornopirén et Leptepu est vraiment sympathique. Quatre heures à longer les fjords et se laisser porter par le paysage (si le temps est au beau bien entendu).

carretera austral-chili-video-roadtrip

Rouler à travers le parc Pumalin est agréable. Le chemin est plutôt bon (cailloux mais sans trop de nids de poules). Enfin le tronçon entre La junta et Piedra del gato est sublime.

 

Certains guides conseillent de faire un détour par Puerto Cisnes…bof.

 

A chaque kilomètre qui passe, on sent bien que nos deux brigands de la route deviennent de plus en plus exigeants. L’oeil s’affine en chemin et ils commencent à savoir faire le tri entre le bon grain et l’ivraie. Attention à ne pas se leurrer ; chaque « morceau » de choix vaut la peine s’il est vu avec l’ensemble. Il en va de la carretera austral comme des pierres précieuses ; Le plus beau des diamants n’a aucune allure dans son écrin de velours, idem pour la plus belle route d’Amérique du sud.

carretera austral

Laissons les donc aller jusqu’au bout et d’ici une bonne semaine nous pourrons enfin savoir si cela valait la peine d’être vécu.

 

Belle semaine à toutes et tous.

 

 

 

 

 

 

Mojo

A propos de 

Morgane et Joselito Tirados ont voyagé durant une année en Amérique du sud à la rencontre de ceux qui font ce pays. Ce fût l'occasion pour eux d'envisager une installation sur place (certainement au Chili) et de développer un business autour de la cosmétique et des produits de bien être pour elle et proposer ces compétences en matière de stratégie d'entreprise pour lui.

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