Torres del Paine : Les tours de la peine

Ne sortez pas les flingues, je ne suis pas à l’origine de cette traduction foireuse. C’est Josélito qui n’a eu de cesse de répéter cela durant son passage dans le parc.

Torres del Paine c’était pour eux et surtout pour Josélito comme Ushuaia ; Un point de repère, une borne kilométrique sur la route. Il avait tellement bassiner Morgane avec ce parc avant le départ que ça devait juste être le top du must.

Et c’est le top du must des endroits à voir en Amérique du sud. C’était pourtant bien parti cette affaire. Au départ ils avaient envisagé de « faire » le parc après la carretera austral. Finalement et après consultation de la météo et des Français croisés en chemin, ils ont pris la décision d’aller faire un tour à Ushuaia et ensuite de remonter en passant par le parc de Torres del Paine.

Bonne idée puisque fin mars c’est le début de l’automne et surtout la fin des vacances des chiliens et des argentins depuis un petit moment. Ils devaient donc éviter ce que certains appellent la saison de l’autoroute dans le parc où les sentiers sont pleins à craquer de touristes.

Bien vu puisque en arrivant, on sentait tout de suite qu’il y avait du monde sans pour autant que ce soit la nationale 7 début juillet (en 1970, parce que maintenant dois pas y’avoir grand monde sur la N7 à cette période de l’année).

Donc voilà nos deux zazous à l’entrée du parc avec un premier choix à faire. Payer ou ne pas payer l’entrée. Alors, certains étrangers (salaud d’étrangers hein !) rentrent dans le parc de nuit et ne payent pas l’entrée qui est de 18 000 pesos chiliens par personnes (une trentaine d’euros). Josélito était bien parti pour cette option mais Morgane voulait le faire en mode sérieux et s’enregistrer auprès des gardes forestiers.
Comme souvent ils ont trouvé un terrain d’entente. A l’arrivée dans le parc, Josélito a mis en place la stratégie « j’ai une voiture chilienne donc je suis chilien » histoire de profiter du tarif local de 5000 pesos chiliens par personne.

La technique est simple : Je gare ma bagnole pile poil devant la maison des gardes et je mets bien en évidence le matricule de la voiture. Après il faut aller jusqu’au bout. On arrive, on se présente à la chilienne et direct on sort le billet de 10 000 pesos pour deux et rien d’autre.

Hop là, les voila donc dans le parc enregistrés comme des chiliens. Après une nuit, la veille, au milieu de nulle part et des vaches, cette fois ils vont dormir avant la randonnée au milieu du parking d’un hôtel pour touriste fortunés. Qu’importe ils sont en face des Torres et c’est vraiment chouette.

Les voilà donc préparant les sacs pour une randonnée qui doit durer cinq jours et leur permettre de voir le glacier Grey qui se trouve à l’autre bout du parc. Ils ont décidés de faire le circuit en W qui est à la fois le plus court et le plus facile.
Ils ont tout. Sac à dos, tente de camping, réchaud, duvet et bouffe pour cinq jours. Ils ont même une super motivation et le temps est splendide. Les conditions météos sont bonnes même si le garde à l’entrée a indiqué de la pluie sans pouvoir préciser s’il allait beaucoup pleuvoir.

Le lendemain matin, un ciel de folie réveille nos randonneurs en herbe. Nuages rouges sur montagne blanche. Du délire. Les voilà donc en route pour huit heures de marche dans un parc fabuleux. Au programme, ils doivent longer un sentier situé entre un lac couleur émeraude et un glacier blanc, bleu. Au bout de deux heures, sourire aux lèvres et en petit pull léger tellement il fait chaud, nos intrépides trekkeurs sentent le vent se lever. Sur le lac, ce sont des trombes d’eau qui sont arrachées par des bourrasques de vent.

Le grand glacier se couvre de nuages gris et le vent redouble d’intensité. La pluie fine commence à tomber et associé au vent, Josélito a l’impression de prendre des poignées de gravier en pleine gueule.
Arrivés au premier refuge, ils sont trempés. Le vent les a projetés au sol à plusieurs reprises. La protection contre la pluie du sac de Morgane s’est déchirée.
Il mange un sandwich en papotant avec un jeune couple chilien quand un gars arrive totalement trempé de la tête au pied.

Cette pause au refuge sera le dernier moment de calme de cette merveilleuse journée de merde. Tout ce que Josélito déteste le plus au monde est concentré dans cette journée. La pluie en quantité suffisante pour rentrer dans les chaussures de randonnées et les transformer en mini jacuzzi (floc floc à chaque pas). Le vent qui vous ballade tranquillement et vous met le cul par terre. Pour information, 100 km/h de vent ici équivaut à une journée « normale ». La dernière pointe enregistrée cette année était de 246 km/h. Donc le vent qui arrive plutôt de face et envoie la pluie bien dans l’axe histoire d’avoir la tronche au frais. Évidemment avec tout ça, le froid et une visibilité réduite à néant (ce serait dommage d’avoir un chouette paysage à voir avec cette tempête, donc on vire l’image…).

Bon allez bonne nouvelle dans la journée, la fin de la randonnée se termine avec un petit dénivelé de 100 mètres. Rien du tout en fait sauf qu’avec la pluie, le sentier est devenu un ruisseau de boue orange dans lequel il faut patauger. Ha si, j’allais oublier le torrent qui a pris un peu de largeur dans la journée et qu’il faut enjamber en passant sur des branches glissantes (Morgane a faillit y laisser son sac à dos).

Huit heures de marche, dix sept kilomètres (n’allez plus jamais dire que Morgane ne sait pas marcher…elle n’AIME pas ça mais elle marche à bonne allure) plus loin nos voyageurs de l’infini sont arrivés dans un camping gratuit ; Glacés, trempés jusqu’aux os, tristes et un brin fatigués.
Je ne vous raconte pas la nuit qu’ils ont passé, ce serait un coup à contacter mondiale assistance ! (ils n’avaient pas de tapis de sol ni de change de vêtements…no comment).

Le lendemain, c’est sous un soleil radieux, avec des sacs en plastique dans les chaussures pour ne pas trop tremper leurs chaussettes de rechange, qu’ils ont abordé les sept kilomètres les séparant d’un bateau qui les ramènera vers la voiture sur le parking de l’hôtel pour touriste américains.

Le parc merveilleux de Torres del Paine au Chili est un parc génial pour les amoureux de trecking

Le soir ils sont allés du côté de la Laguna Azul au nord est du parc pour reprendre des forces et dormir bien au chaud dans l’auto. Un grand merci à Victor pour avoir ouvert les portes des douches chaudes et celles de sa cuisine.

La question est : Aurais-ils pu aller au bout ? Oui bien entendu. Mais ils auraient alors puisé dans le stock d’énergie de base. Or ils ont une longue route à faire. Ils étaient clairement déçus d’abandonner et en même temps content de retrouver le confort de l’auto.

Le parc aura laissé sur eux une forte impression et une furieuse envie d’y retourner. A suivre donc. En attendant voici une vidéo qui donne une petite idée de ce fameux parc.

Mojo

A propos de 

Morgane et Joselito Tirados ont voyagé durant une année en Amérique du sud à la rencontre de ceux qui font ce pays. Ce fût l'occasion pour eux d'envisager une installation sur place (certainement au Chili) et de développer un business autour de la cosmétique et des produits de bien être pour elle et proposer ces compétences en matière de stratégie d'entreprise pour lui.

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