24 mai 2013, 10h00, Arica nord Chili.

 Le petit port rempli de container d'Arica va alimenter tout le nord du Chili en marchandise. Arica est une ville entre pacifique et desert

Pour la deuxième fois nous quittons le gang des Rivarapid sur la plage dite « Las Machas ».

On se sert la main, on se fait la bise et on se dit que cette fois on ne va pas se revoir en Amérique du sud. Eux partent vers la Bolivie, nous vers le Pérou.

En voyage les amitiés sont rapides et intenses. Les au revoir n’ont pas besoin de durer une éternité.

Avec Morgane nous sommes un peu « désorientés » de nous retrouver ainsi à deux, après quelques jours en groupe mais très vite nous reprenons nos repères et la route. Essence, eau et nous voilà partis en direction de la frontière entre le Chili et le Pérou.

Vingt petites minutes de route et nous y voilà. Comme à chaque fois nous sortons l’ensemble des documents et cherchons rapidement l’ordre dans lequel nous devons procéder.

C’est un jeu un peu idiot que cette histoire de frontière. La mécanique est toujours la même : d’abord les humains passent par l’immigration pour sortir d’un pays. Ensuite la voiture passe à la douane pour sortir elle aussi du pays. Parfois il y a en plus l’inspection sanitaire. Et puis il faut procéder de la même façon à l’entrée de l’autre pays.
C’est pas compliqué sauf qu’à chaque coup ils changent l’ordre des guichets.

Pour ma part j’ajoute que c’est souvent un moment de stress. J’ai du mal à me retrouver dans un endroit avec des tas de gens en arme et en costume de militaire. Si l’un d’eux pour une raison ou une autre se met à tirer dans le tas ? Non sérieux, pour certains d’entre eux, je ne suis pas certain qu’il soit sage de les laisser se balader avec un flingue à la ceinture. Bref.

Avec l’expérience nous arrivons à repérer rapidement le bon guichet, me voici donc face à un homme d’un certain âge à qui je tends l’ensemble des documents avec mon plus beau sourire.

Alors que j’attends un coup de tampon et une indication de la marche à suivre pour poursuivre le voyage, le gentil douanier m’informe que nous ne pouvons pas nous rendre au Pérou. Son « non » est catégorique.

Petit moment de lévitation transcendantale…heu bon, ok, oui, mais heu…pourquoi ?

Il n’y a pas de convention pour notre cas entre le Chili et le Pérou. En clair, nous humains nous pouvons nous rendre sans souci au Pérou mais pas la voiture. Nous sommes français avec un véhicule chilien et nous ne vivons pas au Chili donc pas moyen de rentrer au Pérou. Ça c’est fait.
Je traduis ce que le gars vient de dire à Morgane, enfin quand je dis je traduis je veux dire que je réfléchis en français à haute voix car Morgane a bien pigé le souci.

Puisque c’est comme ça nous allons directement en Bolivie et puis c’est tout.
Bonne idée me dit Morgane sauf qu’il n’est plus possible d’aller en Équateur et en Colombie dans ce cas (leçon de géographie en accélérée by Morgane). Merde et merde et mierda de fucking.

Un type reniflant le touriste dans la merde vient nous proposer son aide. Au bout de deux minutes, il se casse car il pige rapidement que nous n’iront pas au Pérou dans sa voiture mais bien avec la notre. Toutefois cela donne à Morgane le temps de me relancer. En effet, les anciens propriétaires du Ford étaient dans le même cas que nous ; français avec un véhicule chilien et ils sont bien allés au Pérou !

Retour vers le douanier chilien et explication un peu plus serrée cette fois.

La solution est là et toute bête. Nous devons passer par la Bolivie pour rejoindre le Pérou.

C’est exactement ce que je ne voulais pas faire. A force d’entendre dire que les flics boliviens sont tous corrompus, j’ai fini par convaincre Morgane que nous n’allions pas passer par ce satané pays (même si c’est beau). En plus cela implique de devoir grimper à plus de 4500 mètres et notre dernière ballade à cette altitude a fatigué ma petite personne (la preuve en image).

Le plus stupide dans l’histoire est qu’il nous sera tout à fait possible de traverser cette frontière dans l’autre sens car il existe un accord entre les deux pays pour aller du Pérou vers le Chili. Vive l’Europe et l’absence de frontière. C’est dans ces moments là où nous prenons conscience de la chance qu’est l’Europe et la libre circulation des personnes et des biens.

Bref, pendant que je grogne en pensant aux nombreux kilomètres que nous allons devoir nous taper, au froid, au mal de tête en altitude et à la bêtise humaine, Morgane planifie la suite et nous voilà en train d’assurer notre autonomie en essence et en eau pour nous rendre en Bolivie.

25 mai 2013, Putre, Nord Chili, 3500 m au dessus du niveau de la mer.

Putre est une village merveilleux au nord du Chili. Nous n'avions pas prévu d'y passer mais c'est un endroit que nous ne sommes heureux d'avoir connu
Depuis ce petit village lové au pied de deux merveilleux sommets, il suffit de parcourir douze petits kilomètres pour se retrouver 1000 mètres plus haut face à l’incroyable volcan Parinacota en plein milieu du parc naturel Lauca à l’extrême nord du Chili.

Dire que nous nous étions pris la tête avec Morgane il y a plusieurs semaines pour savoir si oui ou non nous allions passer par cet endroit de rêve. Après une bonne heure d’engueulade, c’est le non qu’il l’avait emporté. J’étais en train de me remémorer cette belle soirée de prise de chou tout en regardant ce paysage incroyable.

Nous allions rester tranquillement quelques jours à Putre le temps de nous acclimater à l’altitude, en sirotant des tisanes de coca.
Autant en profiter pour faire ami ami avec la population locale.
Avec Morgane nous avons ce goût pour la philosophie gustative. Quand il nous faut méditer sur le cours des choses, nous aimons bien le faire devant une bonne assiette. Direction donc le restaurant du coin histoire de tester la bouffe locale et tâter de l’autochtone.

La dernière fois que nous avons croisé les quatre Rivarapid c’était au milieu de nulle part. Cette fois, c’est sur le stade de foot de Putre que les retrouvailles auront lieu. Autant la première fois nous pensions nous revoir avant que nos chemins bifurquent, autant cette fois la surprise fût de taille pour eux.
Après avoir expliqué le pourquoi du comment de notre présence ici, nous décidons de faire la route ensemble.
Histoire de ne pas monter trop vite, nous prenons le temps de faire une pause aux thermes de Jurasi à 4100 m et de passer la nuit sur place.

Nous iront ainsi ensemble passer une nuit au pied du Parinacota à 4500 m. Vent, froid et spectacle fabuleux du volcan se mirant dans les eaux cristallines du lac Chungara sont au rendez vous. Rien de tel pour oublier notre mésaventure et nous donner envie de continuer notre chemin vers le PérouLe majestueux Parinacota au nord du Chili est un volcan impressionnant à plus de 5000 mètres d'altitude

Après une troisième cérémonie d’au revoir, les Rivarapid foncent vers la frontière bolivienne alors que nous voguons vers celle du Pérou.

29 mai 2013, Visviri. Poste Frontière entre le Chili et la Bolivie.

En fait, si tout c’était déroulé comme prévu (donc de façon chiante), nous serions en train de regarder les lignes mystérieuses de Nazca au Pérou. Là nous sommes à la frontière entre le Chili et la Bolivie (le pays que je ne voulais pas traverser).

Côté chilien tout baigne. Les douaniers nous donne des tas de conseils précieux pour passer du côté bolivien ; alors surtout ne donnez jamais vos originaux, si vous rencontrez un souci surtout vous revenez ici pour qu’on vous protège. Ah oui, en aucun cas ne passer la barrière avec la voiture. Si vous le faites, les douaniers boliviens vont considérer que vous êtes entrés clandestinement dans le pays et la voiture sera confisquée.

Ok, ok, ok, bien noté (putain mais pourquoi on est là ? Pourquoi on va en Bolivie b..de..m…de…p…de chiotte !

Pour ceux qui ont déjà pratiqué le billard français la suite de l’histoire va sembler évidente. Nous quittons donc Visviri au Chili pour nous rendre à Charaña en Bolivie (accrochez vous ça déménage).

C’est un plan à trois cette histoire et d’ailleurs l’endroit sur la carte porte le nom de Tripartito (traduire plan foireux à trois). Donc le tripartite est un endroit qui se trouve entre le Chili, la Bolivie et le Pérou.

Dans nos cerveaux de Français cela signifie regroupement des structures donc simplicité donc rapidité d’action. En Amérique du sud cela signifie : Te voilà plongé dans un Woody Allen et tu vas passer une putain de journée à plus de 4000 mètres d’altitude avec des douaniers de trois pays différents. Allez on y va !

On quitte le Chili et nous entrons en Bolivie. La voiture passe la frontière haut la main et nous avons une autorisation de séjour dans le pays de 7 jours. C’est cool mais nous n’avons besoin que de deux heures grand maximum puisque en vrai nous allons au Pérou. Le monsieur qui doit tamponner nos passeports n’est pas là et nous devons faire les cinq kilomètres qui séparent Charaña (Bolivie) de Visviri (Chili) pour faire tamponner nos passeports.
Le douanier bolivien n’est pas trop stupide et comprend que nous voulons juste faire un passage et nous rendre au Pérou. Il tamponne rapidement nos passeports avec un coup de tampon pour l’entrée et un coup de tampon pour la sortie.

Ça c’est fait, et nous voilà en route vers le Pérou qui se trouve à 30 minutes de piste de notre position actuelle (Visviri).

Alors le tripartite, c’est un peu comme un village de western en plein midi. Rues vides, maisons aux volets clos. Ambiance mains moites, pieds poites. Nous trouvons deux flics boliviens (ceux qui rakettent les touristes). Je flippe un peu mais je me lance et je demande comment passer au Pérou. Ils sont deux et sont en train de regarder un film sur leur PC. Ils m’indiquent le chemin.
Nous traversons le village au ralenti et nous voilà devant une sorte de baraquement militaire avec une barrière. Pas de doute, c’est le Pérou de l’autre côté.

Je me ballade un peu dans cet espèce d’endroit bizarre quand soudain je tombe sur un humain. Par chance, c’est un douanier péruvien habillé en civil.
Le monsieur d’un certain âge m’explique que nous ne pouvons pas passer par cette frontière puisqu’il n’a aucun tampon. Il nous faut aller à Desaguadero en Bolivie, à côté de la Paz pour pouvoir nous rendre au Pérou.

Là je sens comme un petit coup de mou. Une envie subite de rentrer en France, de me mettre devant mon pc et de m’abrutir devant Facebook ou un truc dans le genre.

Il est 15h00 et je commence à avoir mal au crâne. Il nous faut tout refaire à zéro. 30 minutes de piste, retour à Visviri pour entrer à nouveau en Bolivie (et oui nous n’étions plus ni en Bolivie, ni au Chili). Le douanier bolivien ne sait plus trop quoi faire….il nous laisse entrer à 14h00, nous fait sortir du pays à 14h05 et voilà qu’il doit nous laisser entrer à nouveau à 15H30 !
Bon pas le choix…j’utilise mes pouvoirs magiques et il appuie délicatement son tampon sur mon passeport et celui de Morgane. Ouf ! Nous pouvons au moins passer la nuit de façon légale en Bolivie.

Mais avant de dormir nous devons de nouveau faire rentrer la voiture en Bolivie. Direction cinq bornes plus loin pour refaire les papiers d’entrée du véhicule à Charaña. Heureusement que les douaniers boliviens sont sympas. La nana (pardon la douanière bolivienne) hallucine un peu mais accepte de nous procurer un document de transit du véhicule pour une semaine.

Comme la nuit n’est pas encore tombée, nous avons encore le droit de retourner au Tripartite (oui, oui, on aime ça). En effet, la douanière bolivienne, dans un souci constant d’aider les voyageurs que nous sommes, nous affirme que pour aller à Desaguadero, la meilleure solution est de nous rendre au Tripartite, de passer la frontière péruvienne (ce que les douaniers doivent nous laisser faire facilement dixit la dame) et de tracer la route vers le nord. Cette astuce va nous permettre d’économiser de nombreux jours de route.

Ni une, ni deux, c’est en toute confiance (mais avec un léger doute lové au fond de notre inconscient) que Morgane et moi prenons, de nouveau, la piste en direction de cet endroit maudit.
Une fois là bas, et comme nous connaissons le chemin, nous repassons devant la police bolivienne et nous allons directement à la barrière qui indique la limite entre Bolivie et Pérou.

Je fais à nouveau le tour du baraquement militaire et me retrouve cette fois nez à nez avec….des lamas !
J’essaye de voir à travers les vitres sales s’il y a quelqu’un à l’intérieur mais tout semble abandonné.
J’avance vers le fond du baraquement et là, miracle, une porte ouverte.
Mes parents m’ayant inculqué les rudiments de la politesse, je frappe avant d’entrer mais personne ne répond.
Pas le choix, il me faut aller de l’avant et entrer dans ce satané pays. Me voilà dans une cuisine avec l’étrange sentiment que je ne devrais pas me trouver là.
J’insiste et passe dans la pièce voisine tout en demandant à haute voix si à part moi il y a un autre humain (ohé, y’a quelqu’un ?).

L’absence de réponse me fait passer à la pièce suivante.
Je cogne à la porte, j’entre et dos à moi, un jeune homme en uniforme est en train de lire, walkman sur les oreilles, assis sur une vieille chaise en bois.
Il se retourne prestement, et me fusille de son regard bleu acier.
D’un bond il se lève et m’informe que je viens d’entrer de façon illicite dans un lieu appartenant à la police péruvienne.
Je lui présente mes plus plates excuses histoire de calmer l’animal.

Il s’avance en me toisant et me précise qu’excuses ou pas, rien ne prouve que je ne suis pas entré pour dérober quelques choses. Trop c’est trop. Voler quoi ? Trois casseroles pourries ? Un calendrier de 2007 avec une nana à poil ? En plus j’ai encore rarement vu un voleur entrer avec son passeport à la main. Bref, le gars me fait sortir de mes gonds….Je prends intellectuellement le dessus (facile face à un flic péruvien) et lui demande si par hasard il est en train de me traiter de voleur ?

Il perd dix centimètres et m’invite à m’assoir afin que je lui expose le motif de ma présence (c’est bon de venir d’un pays qui possède la bombe atomique).

Le premier gars que nous avions croisé dans l’après midi se joint à nous (cette fois il est en uniforme) et les deux m’expliquent qu’il n’est pas possible de passer par cette frontière ; Morgane et moi venons de trouver le premier poste frontière au monde qui ne sert à rien.

Nous devons donc retourner à Charaña pour la troisième fois, et nous espérons, dernière fois.

Nous passerons finalement la nuit au bord de la route, dans un froid sibérien, histoire de reprendre quelques forces et quelques esprits avant d’attaquer ce qui nous semble un défi : La Paz (la paix en Français…ben voyons). La Paz. Un million et demi d’habitants, capitale la plus haute du monde (3600 mètres), le cauchemar du touriste en voiture !

30 mai, Viacha à 30 kilomètres de la Paz.

En arrivant à la Pz, capitale de la Bolivie (la plus haute du monde) à près de 4000 mètres.

Allez si vous êtes curieux (et vous l’êtes forcement) la question est : pourquoi nous réveillons-nous le 30 mai 2013 à moins de 500 mètres de la plus célèbre cimenterie de Bolivie ? Et oui Viacha qui se trouve à 10 minutes à vol d’oiseau de la capitale bolivienne est plus connue pour sa fabrique de ciment (bruyante et polluante) que pour la qualité de ses infrastructures d’accueil de touristes (y’a rien de bien dans cet endroit).

En arrivant dans cette ville la veille avec Morgane, nous n’avions pas envie de faire du tourisme industriel. En fait à vint kilomètre de Viacha il y a un poste de douane et nous avons dû nous arrêter pour un contrôle.

Les anciens propriétaires du Ford nous avait pourtant prévenu. La Bolivie, c’est un contrôle tout les 30 kilomètres et à chaque fois il faut payer sinon pas moyen d’avancer.

Je ne sais pas si c’est mon charisme hors norme ou le visage angélique de Morgane, en tout cas, nous avons réussi à arriver jusque là sans bourse délier. Il faut dire qu’un Français (le pays avec la bombe) dans une voiture chilienne avec à côté de lui une autre bombe et qui en plus parle parfaitement le castillan comme ils disent, ça fait réfléchir le poulet bolivien (pas moyen de le prendre en photo ce qui est dommage car c’est assez drôle à voir un poulet bolivien qui cogite).

Toujours est-il qu’au moment de quitter le poste de douane, je constate une fuite de liquide au niveau du moteur. Et là, c’est le drame !

Je flippe, je m’emballe, j’ouvre le capot et note que le radiateur est percé. Par chance nous avons du liquide de refroidissement et de l’eau distillée. Cette fameuse eau était dans la voiture depuis le début. J’avais demandé à l’ancien proprio à quoi servait ce petit bidon blanc parfaitement étanche. Réponse : c’est de l’eau distillée pour la batterie.

Alors que nous sommes arrêtés au milieu de nulle part, que je suis naze, que nous avons envie d’arriver au Pérou et que de l’autre côté de la route, des Boliviens nous regardent en se marrant, je presse Morgane afin de réparer et de foutre le camp au plus vite.
Il ne faut jamais confondre vitesse et précipitation.

Pour ma part, je me dis que nous avons de quoi remettre du liquide de refroidissement et de l’eau distillée dans le radiateur afin de repartir et de réparer la fuite à la Paz. Sauf que, d’un coup d’un seul, Morgane me dit que l’eau distillée lui pique la peau et que c’est certainement… de l’acide !

Je nie en bloc la réalité dans la mesure où je viens d’en mettre un bon demi litre dans le réservoir de secours du radiateur et qu’en plus je viens de mettre le contact ! Bref, mes méconnaissances en mécanique font que je viens de niquer la bagnole. Dans ma tête, résonne la petite phrase suivante « Maman, je veux rentrer à la maison ».

Morgane me conseille gentiment (putain coupe le contact, c’est de l’acide bordel!) de couper le contact et de purger le réservoir. Je redeviens ce gamin de six ans, timide, peu sûr de lui et je me précipite vers le douanier le plus proche afin qu’il nous vienne en aide.
Il s’approche du moteur, et avec un gentil sourire qui m’apaise, un bout de bois et un sac plastique, il bricole une solution de secours qui va nous permettre d’aller jusqu’à la Paz.

Voilà en fait pourquoi nous nous sommes réveillés ce 30 mai 2013 dans la banlieue de la Paz à Viacha.

Histoire de ne pas vous manger toute votre temps de cerveau disponible comme dirait l’autre zouave de TF1, je vous passe les détails sur la réparation du radiateur à la Paz ainsi que sur la conduite dans cette drôle de ville. De la même façon, je prendrais la peine d’écrire un autre billet sur l’impossibilité de trouver de l’essence. Bref ! Toujours est-il que avons pu reprendre la route vers Desaguadero quelques jours plus tard.

2 juin 2013 Desaguadero, à la frontière entre la Bolivie et le Pérou.

Hotel à Desaguadero à la frontière entre la Bolivie et le Pérou. Un village de 2000 habitants

Cela fait huit jours que nous essayons de rentrer au Pérou.

En ce dimanche 2 juin 2013, jour du seigneur, nous arrivons enfin à Desaguadero petite ville de 2200 habitants.

Nous quittons facilement la Bolivie et c’est fou de joie que nous traversons un pont et nous retrouvons de l’autre côté au….Pérou.

Nous sommes accueillis par des policiers péruviens et c’est la deuxième fois que je les trouve plutôt désagréables. Le type déguisé en militaire qui s’approche de la voiture commence d’emblée par se foutre de ma façon de garer la voiture.
Il m’explique où je dois me rendre pour passer la frontière et insiste sur le fait qu’il me faudra impérativement venir le voir avant de m’en aller plus loin.

Nous passons l’immigration en quelques minutes et c’est le cœur léger, qu’enfin, nous filons quelques mètres plus loin vers la douane afin de faire passer le véhicule.
J’entre, tête haute, sourire aux lèvres dans les bureaux minuscules de la douane, suivi de Morgane et présente d’un geste fluide les papiers du 4X4.

Le douanier, l’air sympa, la cinquantaine, entre les données dans l’ordinateur et au vu du message qui s’affiche sur l’écran, je sens bien que l’entrée au Pérou va s’avérer délicate.

Pour une raison que je ne comprends pas sur le coup, il s’avère que la voiture est entrée au Pérou en juillet 2012 mais n’est officiellement pas sortie du pays.

J’explique au monsieur de la douane que ce n’est pas possible puisque nous avons acheté ce véhicule au Chili et que nous voyageons avec depuis 4 mois, en lui tendant mon passeport pour le lui prouver.

En même temps, j’explique la situation à Morgane et une fois encore, nos deux cerveaux se mettent à tourner à cent à l’heure.

A ce stade, pour ma part, c’est la consternation. Je commence à me dire qu’il y a quelque chose qui ne souhaite pas que nous allions au Pérou et qu’il va nous arriver une merde monumentale si nous passons la frontière. Pour autant au plus profond de moi, j’ai du mal à croire que nous n’allons pas mettre les pieds dans ce pays et visiter ensuite l’Équateur et la Colombie.

Plus honnêtement, je crois que j’ai envie de contourner le problème. Bref, j’en ai plein le cul et j’ai envie de mettre un terme à ce voyage. Je n’ai pas fait autant de kilomètres pour me faire chier de la sorte. Sauf que, sauf que, je ne suis pas seul et Morgane a la rage. Elle y croit à fond !

Nous voici donc en train de chercher un moyen de rentrer dans ce p…de pays.

Il nous faudra passer un coup de fil aux anciens possesseurs du Ford Explorer pour enfin trouver la solution.

J’appelle Mathilde depuis un centre téléphonique et c’est lors d’une communication inaudible qu’elle m’apprend qu’ils sont sortis du pays l’année dernière par cette frontière. Nous avions enfin la clé du mystère. Les informations de la base de données étaient donc fausses.

Souvent avec Morgane, nous nous sommes demandés à quoi pouvait bien servir les registres papiers des différents postes de contrôle. A chaque barrage policier ou douanier ou lorsque nous sommes en camping ou à l’hôtel, il y a un registre papier où sont notés nos noms, prénoms, numéros de passeport et de plaques minéralogiques. Nous trouvions cela plutôt charmant, un brin désuet sauf que là c’est devenu pour nous un document précieux qui allait nous sauver la vie.

Nous voilà donc penchés sur ces satanés registres à essayer de trouver la preuve que le véhicule Ford Explorer matricule TF 8 666 est bien sorti du Pérou en 2012 par le poste frontalier Desaguadero.
Au bout de quelques minutes, Morgane pousse un cri en voyant le numéro du véhicule s’afficher sur le registre. Bingo ! Nous avions la preuve formelle entre les mains.

Lorsque les précédents voyageurs sont sortis du pays avec le 4X4, le douanier e enregistré la sortie sur le registre papier mais pas sur l’ordinateur.

A ce stade nous étions convaincu que l’affaire était enfin classée et que nous allions pouvoir tranquillement poursuivre notre voyage.

Il était temps car pendant que Morgane m’attendait à la douane, quelques mètres plus loin, les policiers péruviens étaient déjà en train de m’expliquer que si nous ne trouvions pas la solution, le véhicule ayant passé la frontière, allait rester là et qu’il appartenait déjà à l’état.

Au soir du 2 juin 2013, nous étions légalement au Pérou Morgane et moi. Le 4X4 quant à lui allait devoir attendre le jour suivant pour passer officiellement la frontière. En effet, nous allions devoir attendre lundi matin et nous rendre dans un autre poste de contrôle pour corriger les données informatiques.

Nous passerons donc la nuit à Desaguadero, nous dans une chambre glaciale d’un hôtel médiocre, et la voiture dans le parking du dit hôtel avec l’approbation de la police locale convaincue par l’un des douanier.

Demain, la suite de l’aventure fabuleuse des makeupontheroad au Pérou.

Mojo

A propos de 

Morgane et Joselito Tirados ont voyagé durant une année en Amérique du sud à la rencontre de ceux qui font ce pays. Ce fût l'occasion pour eux d'envisager une installation sur place (certainement au Chili) et de développer un business autour de la cosmétique et des produits de bien être pour elle et proposer ces compétences en matière de stratégie d'entreprise pour lui.

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