Vive la rentrée des classes en Amazonie

Voilà donc plus de neuf jours que nous sommes en arrêt dans la communauté de Shiripuno, commune de Misahualli, région du Napo, Equateur.

A une heure de pirogue d’ici, la forêt primaire, dense, humide, bruyante, où contre toute attente ne grouillent pas des milliers d’animaux sauvages mais où chaque mètre carré abrite des milliers d’espèces d’insectes, de plantes, de fleurs…de vie.

C’est au sein de cet endroit magnifique que nous avons passé 3 jours en compagnie d’une dentiste suissesse et de notre guide Hugo. Vidéo et photos à venir prochainement. C’est d’une toute autre histoire dont je veux vous parler pour l’instant.

Au sein et autour de cette forêt, grâce à elle et avec elle, vivent des indigènes ou peuples premiers. Utiliser le mot indigène, c’est chouette ça fait plus aventurier que peuple premier ; « j’ai passé 15 jours dans la jungle avec des indigènes » ou « j’ai été accueilli durant 15 jours dans la forêt par des habitants de la communauté de Shiripuno »…vous voyez ce que je veux dire, n’est ce pas ?

Un lodge dans la forêt Amazonniene tenu par Dona Billy le ong du fleuve Napo

Avec Morgane, notre plan pour les trois derniers mois vient de changer. Histoire de vendre notre véhicule au meilleur prix et afin de ne pas nous user, nous avons pris la décision en Colombie de faire l’impasse sur l’Uruguay, le Paraguay et le sud Brésil.

Ainsi, nous allons filer à travers le Pérou, traverser la moitié du Chili, vendre le Ford Explorer et ensuite prendre le bus vers Buenos Aires et les chutes d’Iguaçu.

10 000 kilomètres en moins au compteur de la voiture et une fin de voyage en mode plus « touriste » histoire de « s’offrir » le nord de l’Argentine à la cool.

Contre toute attente, cette décision prise avant d’attaquer l’Amazonie nous permet aujourd’hui de rester un peu plus longtemps au sein de la communauté de Shiripuno dont le chef est Théo.

L’occasion pour nous d’atteindre un objectif que nous nous étions fixé avant le voyage.

Curieux comme vous êtes, vous avez sûrement remarqué qu’il y avait un appel aux dons sur notre blog. Un truc raccordé à un compte Paypal.

Avant de partir, nous avons récolté environ 400 dollars que nous avions pour mission de redistribuer à des écoles sur notre passage.

Finalement la tâche s’est révélée plus ardue que prévu et nous avons tout claqué au casino.

Non je déconne. 50 dollars sont allés au cirque Wiphay que nous avons croisé à Quito. Cela va permettre à Pablo et Flor de réaliser un numéro de cirque pour des enfants dans une école au Vénézuéla.

 

Une autre partie de cette somme va aller à une école de Manau, cette petite commune chilienne sur la grande île de Chiloe où nous attend Ana et toute sa famille.

Après trois jours dans la forêt, et sous une pluie tropicale, nous sommes revenus nous poser au sein de la communauté de Shiripuno.

Au petit matin, nous nous sommes réveillés à côté d’un groupe scolaire.

Nous qui ne savions pas à qui nous allions pouvoir distribuer une partie de l’argent que vous nous avez confié !

Théo, le chef de la communauté (qui compte 165 personnes dont 45 enfants) est marié à une Française, Amélie qui vit depuis de nombreuses années à Shiripuno avec leurs deux enfants.

Amélie nous sert de guide au sein du village, et elle nous évite de commettre des bourdes en nous « initiant » aux rites et coutumes du coin.

amazonie-shiripuno-napo-photo-videos

C’est vers elle que nous nous sommes tournés pour savoir comment nous pourrions aider les enfants de la communauté.

Elle nous a expliqué que comme en Europe, la rentrée des classes, c’est début septembre.

Ici, le gouvernement a financé la construction du groupe scolaire et paye les salaires (minables) des trois enseignants.

Ensuite, les familles doivent se débrouiller avec les uniformes et surtout avec la nourriture.

En Equateur, le soleil se lève à 6h00 et se couche à 6h00 du début à la fin de l’année et ceux depuis la nuit des temps.

Les gamins vont donc à l’école vers 6h00 du matin et la quittent à 3h00 de l’après midi.

L’Etat offre les manuels scolaires mais pas le déjeuner du midi. Conclusion, les mômes ne mangent rien entre le petit déjeuner à 5h30 (à base de riz, de banane et de poisson) et le retour à la maison vers 16h00.

Imaginez nos belles écoles françaises sans système de cantine ! Avec des papas et des mamans ayant obligation de revenir du boulot entre midi et deux pour nourrir leurs enfants.

La communauté a apporté une réponse simple à ce problème : le tourisme communautaire. Les conducteurs de pirogues (ici on parle de canoé) transportent les touristes et en profitent pour proposer un tour au sein de la communauté. Cela permet aux touristes de découvrir la nourriture, l’artisanat et les coutumes (danses) traditionnelles du peuple Quichua.

Les quelques dollars récoltés permettent à la communauté d’améliorer son habitat, de nourrir les gamins qui sont scolarisés et apportent un complément de revenus aux 22 familles du village.

Nous n’avons pas réfléchi longtemps avec Morgane. Le lendemain nous avons remis à la présidente de l’association de femmes de la communauté de Shiripuno 150 dollars afin de participer au nom des donateurs de makeupontheroad à la cantine scolaire.

Après avoir joué au Bernard Kouchner avec votre argent et profiter à fond de l’accueil des gens de la communauté, nous étions sur le départ. Le corps reposé, la consience limpide et plein de souvenirs de la forêt et de ses habitants.

Après un bon petit déjeuner en compagnie des gamines du bled, nous nous apprêtions à filer.

D’habitude, je mets la clé dans le contact, je tourne et les chevaux fougueux du Ford se mettent à rugir. Là, j’ai l’impression d’être dans une 2CV en plein hiver. Je tourne la clé dans le contact et un vieux chuintement tout pourri se fait entendre ! Batterie HS.

 

Le lendemain matin, Théo entouré de cinq beaux mâles indigènes torse nu viendront nous secourir.

J’apprends qu’une batterie contient de l’eau déminéralisée et qu’il faut de temps à autre en remettre pour que je puisse démarrer la voiture et y recharger tous les machins électroniques du voyage.

Le soleil étant bien haut, nous décidons de repousser notre départ au lendemain.

Amélie et son président de mari nous invitent à diner dans leur maison pour fêter notre départ.

Jusqu’à très tôt le matin, nous évoquons la communauté, le monde et ce que nous pouvons faire pour que les gens y vivent mieux.

Nous buvons des thés à la cannelle (c’est bien cool d’aller chercher la cannelle dans son jardin), installés confortablement dans le salon. La maison est une immense cabane sur deux étages sans aucune fenêtre. Nous voici donc en pleine nuit, en pleine nature. Nous écoutons les bruits de la nuit, la rivière qui coule au pied de la maison.

Encore une perle rare du voyage qui va nous accompagner longtemps dans cette vie.

Le lendemain matin, au réveil, je discute longuement (j’adore ça discuter) avec l’institutrice. Pendant que nous parlons, je contaste que la voiture est drôlement penchée vers l’arrière.

Morgane se lève et nous commençons à préparer le petit déjeuner avant notre départ quand nous remarquons qu’une roue est totalement à plat !

Plus aucun doute, la communauté a décidé de faire appel au shamane qui a marabouté la bagnole !

Cela fait plusieurs jours qu’Amélie nous invite à rester pour assister à la rentrée des classes.

Cette fois c’est gagné. Nous restons jusqu’à lundi pour voir ces enfants qui nous font bien marrer, rentrer en classe. Une bonne occasion pour nous de comparer un retour à l’école en France et ici.

Les enfants de la communauté de Shiripuno aux bords du fleuve Napo

Et puisque nous sommes là encore pour quelques heures, avec Morgane on s’est dit que nous pouvions tenter un truc pour en faire un peu plus.

Sur notre page Facebook il y a 319 fans à ce jour. Si chacun donne 1€ cela fait 319 € et avec cette somme c’est  une bonne partie de la cantine scolaire qui sera assurée en 2013.

Alors je sais, c’est la crise, la rentrée ce n’est pas donné en France…blablabla. Vous venez de vous faire trucider par les impôts et vous êtes tous au bord du gouffre.

Sauf que voilà, 1 € d’Europe c’est beaucoup d’argent ici et les enfants d’ici sont ceux qui vont protéger ce morceau de planète où l’industrie du médicament vient piocher les molécules qui vont guérir vos futurs maladies et vous permettre de bien vieillir (et travailler plus longtemps puisque la retraite n’existe plus).

Bref, on lance ici un Shiripunothon (c’est tendance y paraît). Durant les 48 prochaines heures, donnez des sous aux mamans de la communauté pour que les enfants puissent étudier le ventre plein (c’est plus facile d’ingurgiter des mathématiques).

Vous pouvez donner 1€ ou 10 000€. En retour vous n’aurez pas de déduction d’impôt, pas de courrier qui vous dit à quel point vous êtes important et vous propose de faire un virement mensuel et de parrainer un gamin (même si c’est possible hein !).

 

En retour, dites vous juste qu’avec votre euro vous avez fait un truc bien. Un vrai truc bien ! Cette fois vous participez à une vraie action qui va vraiment servir à quelque chose dans la vraie vie (et personne ne va en profiter pour se payer dessus).

Allez, sortez vous les doigts…et incitez votre entourage à aller donner 1€ sur ce compte paypal.

Lundi, on compte les points et avant de quitter cet endroit, avec Morgane, nous avons bien envie de pouvoir vous envoyer des sourires de mamans et de gamins heureux grâce à vous !

En Europe, c’est samedi, fin de mois et il est 19h30. Lundi à 19h30 on se retrouve pour faire le point. En attendant, partagez sur vos murs, vos pages, vos blogs.

Envoyez tout le monde sur le lien paypal en bas de cette page à gauche. Cliquer sur le bouton « faire un don » et c’est tout bon !

 

 

 

 

Mojo

A propos de 

Morgane et Joselito Tirados ont voyagé durant une année en Amérique du sud à la rencontre de ceux qui font ce pays. Ce fût l'occasion pour eux d'envisager une installation sur place (certainement au Chili) et de développer un business autour de la cosmétique et des produits de bien être pour elle et proposer ces compétences en matière de stratégie d'entreprise pour lui.

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